21.12.2008
première lecture de "S"il faut y croire"
21/12/2008
Voilà, c'est fait...
Hier, j'ai donné la première lecture publique de ce début de roman qui, pour l'instant, s'intitule "s'il faut y croire".
Nous n'étions pas très nombreux, mais ce moment a été remarquable, par la chaleur des réactions des participants, par la simplicité de notre rencontre.
Lire un extrait de texte dont on ne sait pas encore grand chose est une vraie gageure. J'avais passé la semaine précédente à lire, relire, changer, peaufiner les quelque vingt cinq premières pages du texte. Je n'ai pas tout lu, les pages les plus récentes étant encore bien fragiles.
Mes personnages sont assez bizarres, en lisant le texte à voix haute, je m'en rendais bien compte, et l'une des auditrices s'est écriée au milieu de la lecture "il n'est pas un peu schizo, celui-là ? "
Envie de rire : "oui, ils sont tous un peu chtarbés..."
Je crois que je les découvrais, ces personnages, sous un autre angle, en entendant le public en parler par la suite... Pas le même âge que ce que j'avais en tête, pas les mêmes relations entre eux, assez peu de femmes, finalement, des personnages laissés en chemin et qu'il faudra suivre, dont il faudra tirer les fils - ou tisser les fils.
Je n'ai pas su répondre à certaines questions parce que j'ai appris à me méfier des orientations qu'on croit suivre alors qu'au final, le texte, les circonstances extérieures, un petit accident de rien du tout, peuvent vous mener dans une tout autre direction. je crois qu'il faut en dire le moins possible, précisément pour ces raisons et non pas par esprit de cachotteries ou par superstition.
Mais j'ai aimé, au cours de la lecture, leur donner une voix, un rythme de parole. C'est sans doute lié au fait que j'écris beaucoup pour le théâtre et que mes personnages, je les entends parler.
Une des auditrices disait : "c'est bien parce que c'est vivant, c'est pas des descriptions du genre "il la vit, il fit ceci, il fit cela...".
C'est une critique qui m'a beaucoup touchée parce que je marche depuis des années avec dans ma besace le texte de Virginia Woolf, l'Art du Roman et que dans un texte sur le roman moderne, elle écrit:
"L'auteur semble contraint, non par sa propre et libre volonté mais par quelque puissant tyran sans scrupules qui l'a réduit en esclavage, de fournir une intrigue, de fournir de la comédie, de la tragédie, de l'amour, de l'intérêt, et, enveloppant le tout, un air de probabilité si impeccable que si tous ses personnages prenaient vie ils se trouveraient habillés jusqu'au dernier bouton de leur veste à la mode du jour... La vie est-elle comme ça ? les romans doivent-ils être comme ça ? (...) Examinons un moment un esprit ordinaire, au cours d'un jour ordinaire. L'esprit reçoit des myriades d'impressions, banales, fantastiques, évanescentes ou gravées avec l'acuité de l'acier. De toutes parts elles arrivent - une pluie sans fin d'innombrables atomes; et tandis qu'ils tombent, qu'ils s'incarnent dans la vie de lundi ou de mardi, l'accent ne se marque pas au même endroit; hier l'instant important se situait là, pas ici; de sorte que si l'écrivain était un homme libre et pas un esclave, s'il pouvait écrire ce qu'il veut écrire et non pas ce qu'il doit écrire, s'il pouvait fonder son ouvrage sur son propre sentiment et non pas sur la convention, il n'y aurait ni intrigue, ni comédie, ni tragédie ni histoire d'amour ni catastrophe au sens convenu de ces mots et peut-être pas un seul bouton cousu comme le tailleur de Bond Street les coud(....) La vie est un halo lumineux, une enveloppe semi-transparente qui nous entoure du commencement à la fin de notre état d'être conscient. N'est-ce pas la tâche du romancier de nous rendre sensible ce fluide élément, changeant, inconnu et sans limites précises..."
Merci à vous tous pour cet instant complice et rendez-vous pour la prochaine lecture de "S'il faut y croire", le 28 mars à 17h30
12:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Écrire un commentaire